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Avant de devenir un parcours de reconstruction, Le Chantier d’une Vie raconte d’abord une sensation que beaucoup connaissent sans toujours savoir la nommer : celle de faire des efforts… sans parvenir à suivre comme les autres.
Àl’école, j’étais sage et appliqué, et je faisais de mon mieux. Pourtant, malgré tous mes efforts, quelque chose ne tournait pas rond. Très tôt, à l’école primaire, j’ai senti que je ne parvenais pas à suivre comme les autres. Ce n’était pas un manque d’envie car j’étais motivé, vraiment, mais je ne parvenais pas à me concentrer, à rester dedans. Et quand il fallait restituer ce que j’avais appris, j’étais perdu.
À l’époque, on ne parlait pas de troubles de l’attention, ni de dyslexie. Je suis né en 1977. Les diagnostics, ce n’était pas une priorité. Alors on a mis ça sur le compte d’un manque de vitamines.
Je me souviens que nous sommes allés chez un médecin parce que je n’arrêtais pas de dire à ma mère que je n’y arrivais pas. Il m’a prescrit des ampoules de vitamines. Je les prenais le matin comme un rituel, persuadé qu’elles allaient tout régler.
Mais non, ce n’était pas ça.
Le collège, pour moi, a été un mur. Le passage en sixième, un choc. J’ai redoublé. Je me suis senti complètement perdu.
Cependant, il y avait quand même certains cours dans lesquels je me retrouvais un peu plus. La physique, par exemple. J’aimais bien, je comprenais les démarches. C’était logique, structuré, et ça me parlait.
Mais surtout, il y avait la technologie. Dans ce collège se trouvait un atelier orienté métallurgie. Et ce détail changeait tout. Nous ne restions pas assis à écouter, nous passions directement à quelque chose de concret.
Je me souviens du professeur qui nous faisait faire du dessin technique. Nous travaillions sur du papier Canson, apprenant à tracer plusieurs vues d’une pièce, avec les côtés, les dimensions, etc. C’était précis et il fallait être rigoureux. Ensuite, nous passions à la fabrication avec des objets simples.
Mais ce qui était intéressant, c’était le lien direct entre le dessin et la réalisation. Nous dessinions, puis nous fabriquions la pièce.
C’était ça qui me plaisait car c’était concret. Je comprenais ce que je faisais, et surtout, j’y arrivais. J’étais concentré, à l’écoute, pas dissipé. Pour une fois, tout fonctionnait correctement. J’avais même hâte d’aller à ces cours-là.
J’ai réussi tant bien que mal à m’accrocher jusqu’à la fin des années collège, sans soutien particulier, sans grande réussite non plus, avant de me diriger vers l’apprentissage.
Je suis rentré au CFA, Centre de formation des apprentis, en section BTP, Bâtiment et travaux publics.
Et pour la première fois, je me suis senti à ma place.
L’apprentissage m’a sauvé.
La suite raconte
comment ce jeune garçon en décalage va peu à peu transformer ses difficultés en fondations solides.
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